mercredi 12 Déc 2018

Claudio Bonanni

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ils disent de moi

Gianfranco Scialino

L'art selon Bonanni

La peinture est, comme tout art, vocation, puis ténacité, patience, humilité dans la recherche, à travers un travail assidu, de la correspondance entre le geste, la matière formée, l'inspiration, l'intuition prévoyante, et le style incomparable de chaque poète fil d'Ariane qui mène à l'accomplissement. Si l'âme résiste à la difficulté, à la fatigue, s'il devient plus fort après les échecs, s'il est capable de renoncement et d'attente, de risquer des choix, on peut être sûr se l'authenticité de la vocation ; c'est une réussite garantie.

Ce corollaire est confirmé par la formation de Claudio Bonanni, tiburtin, avec une école technique dans ses bagages, la fréquentation de l'Académie des Beaux Arts de Rome, perspicace et chanceux dans ses rencontres avec des maîtres qui l'ont incités à trouver son style chaleureux et émouvant. Le voyage fut, (il séjourna à Paris par intermittence de 1980 à 1986), pour lui aussi, la séparation ou la divergence, un véritable point de départ, sans toutefois avoir de rapport avec la malédiction d'autrefois, mais avec le besoin obligatoire de se découvrir.

Les emplois occasionnels et humbles lui permettent tout juste de survivre, mais ce qui compte, c'est la possibilité de rester aux côtés de son guide Pio Santini, peintre à l'ancienne, ce qui veut dire sans improvisation, cultivé, sévère, mais prodigue de ces enseignements techniques et moraux qui élèvent, qui raccourcissent le chemin de moitié, qui ouvrent de nouveaux horizons, qui prennent eux-même, avant d'être perspectives externes ou détails physiques, des dimensions intérieures de sensibilité, d'attention, d'intelligence. Santini disait " Il suffit de deux heures par jour au chevalet, concentré, et le reste n'est que réflexion et exploration. "

A Paris, Bonanni n'y séjourna pas pour se dépayser mais pour se convaincre de devenir celui qui l'est dans l'intimité la plus secrète, pour suivre le plus prêt possible le parcours sinueux de ses racines méditerranéennes, qui s'accrochent au paysage de Tivoli, doux, scabreux, aérien, ancien lieu historique aux mythes solaires, des lymphes surabondantes, mais aussi d'une délicate pudeur, de silences et de souffrance.

Lui aussi avec Ungaretti, il pourrait répéter, en se référant à la Seine " c'est dans son trouble/que je me suis mélangé/ que je me suis reconnu " Parmi les artistes du Nord, descendus à la rencontre de la sensualité et du chromatisme scintillant du Sud, venus aussi pour brider leur nature sauvage, leur matière, leur expression dramatique au contact de l'héritage classique, Claudio Bonanni trouve d'autres interlocuteurs qui l'aident à définir la touche originale dans laquelle prend naissance la joie, la passion, les tourments internes, au sens du destin et de la richesse totale de la nature. Ce sera le Suédois Ernest Kronberg, aux maigres paroles prophétiques" tu peux le faire ", qui demeurait à Rome dans le palais dans lequel a vécu Antonio Canova, et aussi le Finlandais Lauri Leppanen, expressionniste, qui faisait parti des élèves favoris d'Oscar Kokoschka.

Modernité et tradition, figuratisme et réinvention de celui-ci à travers la capture de la lumière avec des coups de pinceaux moelleux, denses et décidés qui déposent la couleur sur la toile, reflet tout intériorisé et recréé à partir des multiples expériences impressionnistes, la cohabitation de l'harmonieux dessin des volumes chaotiques avec l'ordre exact des lignes de fuite, presque des intrusions informelles, comme des jets de vitalité, contribuent à construire l'équilibre d'une maturité artistique qui est déjà bien assise dans les années 90. " Ce que tu as à l'intérieur de toi, personne ne pourra te le prendre " autre vérité socratique que le jeune homme a entendu en guise de présage de la part d'un amateur qui allait le quitter.

Avec un bagage consolidé en archétypes, définis par son imagination et son vécu, Claudio Bonanni a déménagé, il y a cinq ans, dans le Frioul où il a fréquenté très souvent l'atelier de Pittino et où il a vérifié une ressemblance significative avec le style de Pellis. Un peu à la fois, à travers les sujets développés, quelque chose de cette nouvelle terre a commencé à être présente dans son travail, collines vertes et pleines, hautes herbes, chalets sous la neige dans les monts de la Carnia, délicats visages des enfants (paternité) divins dans leur curieuse inconscience.

Ce qui domine dans la peinture de Bonanni, c'est la référence à la géographie du paysage méditerranéen, constituée en outre par la campagne romaine et tiburtine, et comme on l'a déjà dit, de la côte amalfitaine, sublime d'azur, composée de la géométrie nécessaire et occasionnelle formée par les maisons blanches aux terrasses aériennes, fastueuses et festives dans leurs couleurs, spiritualisée par la brise qui peigne les palmiers et les rosiers; et il insinue dans la matière, animée et moelleuse, la suspension extatique de l'infini.

Du réservoir lyrique de la mémoire sortent des espaces, des détails minimes, des micro espaces accolés à des horizons inaccessibles et évanescents. Ce sont des oliviers solides et solitaires, des murailles ornées d'amphores et de vases débordant de fleurs, tonnelles de glycines qui conduisent, dans un clair-obscur, vers un débouché suspendu sur la mer, vers une maison accueillante ou une balustrade végétale dans un triomphe estival.

Les dessins, les angles exacts, les perspectives ordonnées s'envolent toutefois, se désordonnent et vibrent dans des masses explosant de couleurs : des gammes inépuisables de verts, de roses, et de jaunes et ensuite le bleu, l'azur, le bleu de la sérénité, du mystère, du mirage, du dépassement vers lequel tendent, même quand la mer et le ciel ne se voient pas, suggéré par le rêve et le pressentiment, les barques étroites alignées sur la rive. La lumière pénètre dans la matière de la peinture de Claudio Bonanni ; dans ses couleurs il y a le souffle de la vie, tout est clair et en même temps multidimensionnel, énigmatique, mystérieux : Bonanni fait des tableaux de poésie.

 
Franco Sciarretta

Claudio Bonanni

Originaire de Tivoli, il a déménagé très tôt à Udine, ce jeune peintre, désormais pleinement confirmé, a fait ses débuts en fréquentant régulièrement l'Ecole Figurative des Beaux Arts de Rome, il en est sorti avec un bon niveau en dessin qui constitue les bases de son classicisme. Grâce à ses études, il a acquis le respect des proportions, la profondeur des champs et une perspective aérienne.

Il a été très influencé par son maître, à Paris, Pio Santini, né lui-aussi à Tivoli, dont il a été l'élève favori et duquel il a beaucoup appris. Il ne faut pas oublier non plus son intérêt pour la période européenne et italienne du 19ème siècle et en particulier l'impressionnisme, il en a retenu l'utilisation de la couleur vive, la nature peinte en plein air, l'espace et surtout, d'après moi, le paysage rendu comme un état d'âme. L'expressionnisme l'a moins influencé et sa peinture n'en a pas été atteinte . Claudio Bonanni est un peintre solaire, ses espaces immenses et lumineux ne procurent pas d'émotion mélancolique ou triste.

On perçoit à travers les dessins d'hommes, de plantes, de plaines, de montagnes et de plages une atmosphère de tranquillité, une vision du monde sereinement laborieuse sans perturbation psychologique. Les tableaux de cet artiste sont même festifs, plaisant à voir, emplis de détails, tous peints avec soin et amour. On y voit des petits chemins menant à des maisons aux allées riches et colorées, des pergolas soutenant des vignes ou des rosiers, des murets où se projette l'ombre des arbustes, l'ensemble éclaboussé par l'intense lumière du soleil. Il est difficile de trouver des œuvres où il n'y a pas de fort contraste entre la lumière et l'ombre, ou alors dans lesquelles il y a une prédominance de grandes zones d'aplat de couleur.

Tout est toujours fractionné et réduit en menues parcelles qui rappellent la technique du pointillisme. Il n'y a pas de sujets sur lesquels Bonanni n'a pas su s'exprimer ou sur lesquels il s'est particulièrement et exclusivement concentré, signes de vitalité et notamment de créativité qui l'ont entraînés à étudier les différents aspects de la réalité avec autant d'intérêt. Le succès de ces nombreuses expositions personnelles est le témoignage de la reconnaissance du public, encourageant l'artiste à poursuivre son travail en marge des mouvances momentanées et superficielles.

Notre artiste nous propose toujours une honnête réalisation professionnelle, qui le pousse à étudier son sujet avant de l'exécuter. Ses œuvres pourraient à fortiori être définies comme des moments de réalité vivante fixés chromatiquement sur la toile avec une étonnante assurance qui ne s'acquière qu'avec le temps et l'expérience personnelle. C'est pour cela que les tableaux de Bonanni ne se démodent pas car ils n'obéissent pas aux caprices des mouvances actuelles. En les regardant, on remarquera toujours quelque chose qui nous a échappé la fois précédente, ou sur laquelle nous n'avons pas prêté attention.

L'harmonie des couleurs, donnée sans arrière pensée, est toujours étonnante, l'équilibre chromatique qui en découle représente la touche finale de l'artiste. C'est vrai non seulement pour les natures mais aussi pour les portraits, pour lesquels on a l'impression à première vue que le dessin prévaut la couleur. C'est la couleur qui est le objet principal des tableaux de Bonanni ,qui ont pour sujets les marines, les montagnes, les paysages, les villes ou encore les oliviers de sa Tivoli natale.

 
Licio Damiani

Méditerranéité, l'éclectisme de Bonanni

Comment situer la peinture de Claudio Bonanni ? Elle a la pureté étrange de l'hyperréalisme : se situer dans une position absolument incriticable à l'égard des apparences du monde, porter une attention minutieuse aux descriptions détaillées. Mais l'hyperréalisme comporte une part d'ironie et de démystification qu'on ne retrouve pas dans l'œuvre de Bonanni.

La même technique donnant l'illusion d'une image photographique, qui produit la sensation étrange de l'hyperréalisme, apparaît chez Bonanni comme emportée par un vent frémissant de pigments, par une libération des masses composées en une étoffe dense, rendue mobile par les drapés de lumière.

On y retrouve l'écho du réalisme du 19ème siècle, repris et étendu avec une sorte d'élégante coquetterie. Les images d'une rigoureuse fidélité, d'une évidence illustrative, situées et fixées dans des perspectives rigides, semblent nous renvoyer aux créations picturales, aux clés naturalistes, de l'école napolitaine de Posillipo et surtout du réalisme " en communion avec la nature " de Giacinto Gigante.

Mais la création, en l'observant bien, finit par se détacher de tout rapport avec la réalité, le document figuratif crée une mise en scène aérienne dans laquelle fleurit mystérieusement un événement poétique. La structure rigide, le dessin pur tendent à s'emplir de couleurs ardentes enrichies par les manques somptueux de la matière, par une richesse de passages précieux et de solutions gestuelles habiles et raffinées. Dans la brève biographie qui présente la personnalité de Bonanni, outre la fréquentation de l'Académie des Beaux Arts, la période de perfectionnement à Paris, les rapports avec le Finlandais Lauri Leppanen, élève favori de Kokoschka me semble important. Dans l'engagement ardent du tissu pictural, dans ce bouillon de sensations, on semble lire, en fait, comme dans la mémoire de l'altérante liberté expressionniste.

Retenue, pourtant, contenue, dans une composition classique. D'où la suggestion " d'objectivité fantastique ", qui est déclinée dans son œuvre par une atmosphère de suggestion et de mystère relevée par le critique Costanzo Costantini. Bonanni a dédicacé une grande partie de son œuvre aux paysages du Lazio et méditerranéens. Ce sont des tableaux d'un charme subtil, d'une somptueuse résonance, d'un lyrisme ardent. Voici des oliviers tordus, frappés d'argent, secoués par les notes d'une symphonie héroïque, évocations de matins consacrés aux divinités agraires.

Les couleurs se mêlent, scintillent, crépitent de verts et de bruns. Les paysages lacustres ( du lac Turano) ondulent dans des perspectives fuyantes dignes des maîtres ombriens du 15ème siècle ; un battement de vert et d'ocre serti au fond d'un chaton lapis-lazuli et le ciel, parcouru par des nuages, se décolore. Des grappes de glycines violettes s'écoulent pleine de vie des pergolas d'une villa.

Des fleurs drapent les festons des jardins dans la blancheur ardente d'un mur d'enceinte. Un chêne au tronc centenaire dore son feuillage dense au soleil. Des rideaux de chênes-lièges recouvrent une onde écumante d'herbes éclaboussées de corolles. On dirait qu'ils sortent d' une nature intouchable, qui semble attendre la voix pure des nymphes.Les vers du poète Vinzenzo Cardarelli " Combien de matins de mon enfance furent semblables à celui-ci soufflé par le libeccio et la liberté " prennent vie dans les tableaux de Claudio Bonanni.

Des images d'abandon en communion avec la nature, et d'inspiration virgilienne.Petites routes ombragées " par deux murs de pierres rugueuses/d'où surgissent des pampres/ensoleillés ". Enchevêtrements kaléidoscopiques scintillants. Maisons blanches descendant les pentes d'une île qui vont jusqu'à plonger dans l'embrasement de l'azur. Les corolles rouges des géraniums enflamment les jardins, dans un débordement de guirlandes d'acacias, de cascades de plantes grimpantes, et dans l'anneau de ciel dessiné par la végétation jaillissent des palmes.

Les tonnelles sillonnées par des ombres géométriques, les murets et les parapets roses, nous invitent à les parcourir en silence. Des angles de villas patriciennes exposent leurs fastes, comme dans un film célèbre de Luchino Viscontino ou dans une précieuse et ciselée page dannuzienne: images littéraires, images mythologiques et extatiques d'îles de rêve, de sites connus du Lazio, de la Campanie, de petits coins de Paris, de tâches verdoyantes peuplées d'elfes et de satyres qui indiquent leur présence par des indices secrets, par des sursauts intimes de la lumière, par un soudain chatoiement de couleurs.

Un répertoire riche, donc, qui d'une part se réfère à de prodigues citations de sources académiques, et qui s'inspire, d'autre part, des huiles populaires, traduisant le tout par des résultats d'une intense valeur picturale. Les nus, les portraits et les groupes dansant d'enfants, réclament au contraire la fluidité colorée de Renoir ou les apparitions solennelles du pointillisme. Et pour lire un peu mieux ces toiles, encore quelques vers de Cardelli : " si toi, vierge adolescente, tu restes là comme une ombre sacrée.

Rien n'est plus voyant et adorable et intime que ta peau dénudée " Ce sont des corps parcourus par les reflets d'un feu rosé, d'une sensualité naturelle, sans complaisance, même si c'est de manière hermétique. Après son déménagement à Udine, Bonanni s'est consacré aux paysages du Frioul avec la même intensité émotionnelle que pour ses œuvres méridionales.

C'est un paysage encore une fois révisé par une sensibilité ardente, immergé par une luminosité intense, au fond duquel, toute fois, on perçoit comme une humidité, une patine opalescente, qui font ressortir les tons sombres, les terres et les verts foncés. Un Frioul transfiguré, et pourtant clairement reconnaissable, saisit non seulement en prise directe, mais aussi à travers les suggestions visuelles de quelques artistes locaux des années vingt et trente, et d'abord, parmi tant d'autres, Pellis. C'est à Pellis que l'on doit les paysages montagneux de Bonanni, construits avec des effets consistants de la matière. Les ondulations, aux manques relevés par les azurs, les blancs, les roses, les bruns, sont rendues par la tension gestuelle d'un chaos exubérant .

Lentement, le peintre semble abandonner certaines mises en scène venant des lymphes populaires, une certaine magie fantastique au snobisme " rétro ", pour aborder un discours plus direct et immédiat. Il se laisse aller, en fait, à une vitalité qui, pour se maintenir dans des registres constructifs toujours équilibrés, confère au dessin une aisance et une inspiration nouvelles.

 
 

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Claudio Bonanni - Italy - Via Pozzuolo 85 Udine
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